
Qui
sommes-nous?
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Dans notre pays « patrie des Droits de l’Homme » qui
condamne les discriminations et le racisme, qui a revendiqué
une société « black, blanc, beur » autour
d’un ballon rond… A-t-on vraiment affronté le problème
à sa source, ou, l’a-t-on seulement recouvert à
force de lois et de professions de foi humanistes ? Les lois sont malheureusement
nécessaires, mais restent insuffisantes. Les bonnes intentions,
les grandes messes oecuméniques moralisantes qui nous proclament
tous frères rassurent, mais d’autres réalités
affleurent, s’imposent à qui en souffre, et à qui
veut bien ouvrir les yeux.
Nous luttons contre les discriminations sans assez se demander d’où
provient ce phénomène, souvent sans vouloir regarder en
face ses ressorts, sans les analyser dans leurs particularités,
afin de circonscrire la problématique et de pouvoir vraiment
la traiter. Il ne s’agit pas ici de diaboliser notre pays, mais
de mettre certaines réalités en exergue, réalité
d’une représentation discriminante de la population noire,
arabe, asiatique ou autres en France. Un inconscient collectif travaille
au corps notre société et conditionne parfois les regards
sur soi et sur l’autre, hérités d’une histoire
souvent méconnue. Les images stigmatisées de soi ne sont
d’ailleurs plus seulement subies mais parfois intériorisées
et de ce fait co-produites par ceux là même qui en sont
les victimes.
L’objectif est de restaurer le passé dans son intégrité
et dans son intégralité, sans tabou et avec courage, celui
dans le quel chacun se retrouvera : Le présent n’est pas
né ex-nihilo, il est le produit de l’Histoire. Il ne s’agit
pas, non plus, de connaître seulement les faits mais leurs effets
sur les comportements, sans simplisme grossier, sans verser dans les
visions manichéennes qui désignent les bons et les méchants
pour solde de tout compte. En effet, il n’y a ni victime, ni coupable
héréditaire. Cela va dans le sens de nos devoirs de mémoires
vis-à-vis de tous les français d’aujourd’hui
reconnus dans leurs différentes composantes identitaires.
Réalité d’un problème de conception de l’identité
nationale : Comment se représente-on un français ? La
force de l’habitude a ses vertus dans la société.
D’où l’importance de voir des femmes et des hommes
de toutes couleurs et origines à des hauts postes décisionnaires,
dans la sphère publique, politique et audiovisuelle… Attention
! Il faut une prise de conscience, une reconnaissance multilatérale,
politique et institutionnelle.
Voilà pourquoi nous souhaitons rappeler à notre société,
à l’Etat, aux politiques, nos mémoires plurielles
et nos devoirs de mémoires, en toute logique, au pluriel aussi.
C’est aussi un appel à la responsabilité politique
des élus de la République, en charge de notre société,
dont on pourrait attendre qu’ils soient en avance sur les mentalités,
qu’ils soient les premiers à reconnaître, considérer
l’Histoire, ses conséquences et à agir en terme
d’éducation nationale, économique, politique et
sociale. Ces devoirs de mémoires, devoirs de vérités,
devoirs d’humanité, devoirs d’histoire économique,
sociale et politique, de justice en somme, ne doivent pas être
seulement un savoir du passé débattu entre historiens
mais doit faire lien avec le présent. A partir de cette vérité
historique reconnue de tous, d’un passé commun, nous pouvons
espérer reconstruire autrement une société cohérente,
en paix avec son identité nationale. Dans le cas contraire, quelle
citoyenneté, quel civisme, peut alors se développer, à
partir d’un lien parasité, conflictuel à l’identité
nationale.
Devoirs de Mémoires s’inscrit dans cette dynamique de connaissance
et reconnaissance mutuelle de notre Histoire commune, dans une démarche
citoyenne, pédagogique, de transmission de savoirs mais aussi
de communication pour agir sur les représentations et sur les
mentalités. Nous avons comme aspiration de nous saisir de tous
les outils nécessaires à la diffusion d’un savoir
émancipateur, participant à la construction des identités
individuelles et collectives.
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